Fils d’un militant de l’ANC, le mouvement anti-apartheid aujourd’hui au pouvoir, Tumi Molekane, a bien écouté les musiques afro-américaines des années 60-70, époque de l’effervescence identitaire et de l’engagement politique. Egalement poète, il est l’auteur du recueil « The Black Inside Out ».
Le groupe se compose du guitariste Tiago Paulo, du batteur Paulo Chibanga, du rappeur Tumi Molekane et du bassiste David Bergman, ce quatuor formé fin 2001 au fil des jam sessions, publie en 2006 son second album, savant mélange de groove et de poésie.
Le combo de Tumi est l’héritier de Miles Davis, retrouvant la poésie et la profondeur textuelle des précurseurs du genre, The Last Poets. L’autre paternité se trouve du côté de la musique moderne africaine, l’afro-beat de Fela Kuti ou le rythm’n’blues des Manhattan Brothers. Ce rap élancé, fait de jazz cool, version west coast, matiné world music, rappelle celui de Cypress Hill.
Nominé en 2003 pour 3 Grammy Awards de la musique sud-africaine : meilleur groupe, meilleure pochette et meilleur album rap, le groupe a commencé à faire parler de lui sur la scène internationale lors du fameux North Sea Festival du Cap, en 2004.
Tumi & The Volume, c’est l’incarnation même du son contemporain de l’Afrique du Sud, un mix post-apartheid détonnant et coloré, jamais résigné, toujours défricheur. Souple dans les grooves, tranchant dans les mots, précis en permanence. Le son hip hop de Tumi & The Volume est celui qui plonge ses racines dans le jazz, s’ouvre aux autres chapelles, qu’elles soient rock ou dub, et se joue en live. Un son furieusement engagé dans son temps, son époque, et des textes fracassants qui témoignent des blessures et des doutes de la jeunesse sud-africaine.
Décrochant en France 4 clés Télérama, Tumi & The Volume est la belle surprise du rap africain en général avec un son actuel qui ne renie pas ses racines !